La ligne D du métro Lyonnais
 de VIEUX LYON Saint Jean
 à GUILLOTIERE

de 1985 à 1987

 

construction de la ligne D fut génératrice de nombreuses innovations techniques. Parmi celles-ci, la plus importante est sans conteste l'emploi d'un "tunnelier avec bouclier à bentonite" pour creuser deux tunnels entre la "Fosse aux Ours" (rive gauche du Rhône) et le quartier du Vieux-Lyon "Saint Jean"(rive droite de la Saône.)
Ces travaux ne concernèrent qu'une faible partie de la ligne D, mais n'en constituèrent pas moins une partie des plus délicates par la variété des conditions naturelles rencontrées, à savoir:

C'est ainsi que ce tunnelier avec bouclier à bentonite est utilisé pour la premier fois au monde dans des terrains grossiers avec une charge d'eau importante. Si le terme de bouclier désigne avant tout le dispositif de protection du personnel, le creusement du tunnel nécessite un certain nombre de matériels qui progressent au fur et à mesure de l'avancement et dont l'association cohérente constitue le Tunnelier. Ce dernier, d'une longueur totale d'environ 100 mètres, rassemble les fonctions suivantes:

La bentonite


Schéma du bouclier à bentonite

Le bouclier est équipé d'une cloison étanche en avant de laquelle se trouve une boue sous pression, la bentonite qui permet durant le creusement:

La bentonite est une argile naturelle.Elle doit son nom à l'endroit où furent découvert ses premiers gisements: Forts Benton au Wyoming (USA). Sa propriété thixotropique, qui lui permet de se figer lorsqu'elle est au repos et de reprendre son état liquide lorsqu'on l'agite, lui vaut d'être retenue depuis plusieurs années au cours des travaux de parois moulées.
Pour maintenir une pression constante de bentonite dans la chambre d'abattage, une réserve d'air comprimé fait office de ressort de stabilisation.

La jupe

Le tunnelier

La jupe du bouclier est une grande virole métallique de 6.5 mètres de diamètre et de 12 mètres de longueur. Elle se divise en trois tronçons:

Le bétonnage in situ

Le revêtement du tunnel n'est pas constitué par l'assemblage de voussoirs préfabriqués, mais par le coulage du béton en place, à l'intérieur de coffrages intégrés au tunnelier. Tous les 1.20 m d'avancement, le dernier anneau de coffrage est transféré en tête de façon à permettre le bétonnage tout en télescopant le troisième tronçon de jupe.
Le revêtement coulé en place est constitué de béton renforcé de fibres métalliques à raison de 45 kg.m-3 de béton.

Le marinage

Le tunnelier, de nuit.

Le marinage par pompage hydraulique doit s'accommoder de toutes les conditions de terrains rencontrés, afin de ne pas freiner l'avancement du tunnelier. A l'abattage, les matériaux arrachés au front de taille tombent par gravité dans la boue de bentonite et sont entraînés vers l'extérieur par charriage dans les canalisations de marinage.
Pour les éléments non compatibles avec les canalisations, le plateau porte-outils est équipé de godets de reprise pour déverser les gros galets dans un concasseur afin de les briser en éléments inférieurs à 120 mm.
Toutefois, certains blocs de très gros diamètres (>400 mm) ne pourront être admis dans ce concasseur. Il sera alors nécessaire de les fracturer dans la chambre même d'abattage après substitution de la boue bentonitique par de l'air comprimé .